03.12.2010
Le Matin Dimanche 07.11.2010
DECLARATION SUR LES POLITIQUES DE PRETENDUE "REDUCTION
DES DOMMAGES"
En tant que regroupement représentatif
d'organisations travaillant dans le monde entier dans le domaine de la
prévention, du traitement et dans celui des politiques en matière de
drogue, la Task Force Internationale sur la politique stratégique relative
aux drogues s'est réunie à Bruxelles, en Belgique, les 27 et 28 février
pour discuter de stratégies politiques efficaces en matière de drogue et
rédiger la présente déclaration sur la prétendue "réduction des dommages"
(voir les noms de signataires à la page suivante)
Nous soutenons la position des Nations Unies en vertu de laquelle
l'objectif des strat�gies et des politiques en mati�re de drogues �
l'�chelle nationale et globale doit etre la pr�vention ou l'arr�t de
l'utilisation des drogues. Nous sommes d'accord avec les Nations Unies
quant au fait que la r�duction de la demande de drogues constitue un
pilier fondamental de toute politique saine en mati�re de drogues. Nous
soutenons l'abstinence envers les drogues comme �tant un objectif
raisonnable et r�alisable pour la politique publique en mati�re de sant�.
Nous soutenons une politique de non utilisation des drogues ill�gales ou
de drogues l�gales destructrices.
Les politiques rationnelles sur la drogue reconnaissant que le recours
temporaire � des mesures visant � r�duire les dommages avec l'objectif
final d'une abstinence sont fondamentalement diff�rentes de celles portant
sur la pr�tendue � r�duction des dommages � qui acceptent l'in�vitabilit�
de l'utilisation de la drogue.
L'expression � r�duction des dommages et sa signification �vidente
ont �t� prises en otage et cyniquement employ�es par ceux dont l'objectif
est la l�galisation des drogues et qui font appel au d�sir �vident et
universel de r�duire les dommages pour promouvoir une telle l�galisation.
Les d�fenseurs de la l�galisation utilisent cette expression pour
s'assurer de la sympathie des personnes bien intentionn�es et des
repr�sentants gouvernementaux.
Nous nous opposons � ces strat�gies de pr�tendue � r�duction des
dommages � en tant que buts ultimes qui promeuvent la notion erron�e de ce
qu'il existe des mani�res s�res et responsables de prendre de la drogue. A
savoir, des strat�gies dans le cadre desquelles l�objectif premier est de
permettre aux consommateurs de drogues de maintenir leur comportement
addictif, destructeur et compulsif en les trompant sur certains des
risques li�s � la drogue tout en en ignorant d�autres. Ces strat�gies
transmettent le message d�une soci�t� ayant abandonn� le toxicomane,
tol�rant le fait qu�il prenne de la drogue et le condamnant � une vie de
d�pendance. La pr�tendue � r�duction des dommages � en tant que strat�gie
en mati�re de drogues sape les efforts et les messages de pr�vention en
tirant avantage de l�addiction et de maladies mortelles comme le VIH pour
faire progresser l�agenda politique des lobbyistes de la l�galisation des
drogues et des avocats milliardaires.
Nous soutenons la position du Conseil International de Contr�le des
Stup�fiants (INCB : International Narcotics Control Board) sur la
pr�tendue � r�duction des dommages � qui n�est pas favorable aux
programmes d��change de seringues isol�s et aux salles d�injection
soi-disant � s�res � car de telles politiques encouragent l�utilisation
des drogues et constituent une violation des conventions des Nations Unies.
L�article 4 de la Convention de 1961
�oblige les Etats signataires � assurer que la production, la
fabrication, l� importation, la distribution, le commerce, l�utilisation
et la possession de drogues soient limit�s exclusivement � des fins
m�dicales et scientifiques. Du point de vue l�gal, de telles
infrastructures sont donc une violation des conventions internationales
sur le contr�le de la drogue.
Nous nous opposons � l�usurpation des accords et trait�s multinationaux
et au remplacement de l�objectif de la pr�vention et de la r�duction de
l�utilisation par une strat�gie, quel que soit son nom (entre autres,
celle de la pr�tendue � r�duction des dommages �), qui cherche �
normaliser diff�rentes formes d�utilisation des drogues.
Nous soutenons des strat�gies globales de pr�vention, de traitement et
d�application de la loi pour pr�venir et �liminer l�utilisation des
drogues ill�gales et, de ce fait, pour pr�venir et �liminer les dommages
ind�niables qu�elles provoquent. Nous soutenons la pr�vention et
l��limination des dommages par l��largissement de l�offre de traitements,
de services de proximit� (outreach) et de services sociaux � l�attention
des consommateurs de drogues, des toxicomanes et de ceux souffrant de
maladies infectieuses. Nous soutenons la recherche visant � identifier des
techniques de proximit� et de traitement efficaces pour les populations
toxicomanes.
Il est insuffisant, illogique et inhumain de proclamer que les
d�pendances envers la drogue devraient �tre maintenues au nom de cette
pr�tendue � r�duction des dommages �. L�histoire, la science et la raison
nous montrent que la pr�vention est possible en mati�re de drogue, que
l�addiction peut �tre surmont�e et ses cons�quences r�duites, pour ne pas
dire �limin�es.
Le cannabis restera ill�gal en Suisse
Fumer un joint constituera toujours un d�lit en Suisse. Le gouvernement n�a pas r�ussi � convaincre le
Parlement.
La Chambre du peuple a refus� pour la seconde fois d'entrer en mati�re sur le projet de r�vision de la loi sur les stup�fiants, par 102 voix contre 92. Au terme d'un d�bat �motionnel et houleux, le Conseil national (Chambre basse) a maintenu lundi, par 102 voix contre 92, son refus d'entrer en mati�re sur la r�vision de la loi f�d�rale sur les stup�fiants.
Refusant d�entendre le plaidoyer du ministre de l�Economie Pascal Couchepin, ainsi que l�avis favorables de leurs coll�gues s�nateurs, les d�put�s ont enterr� d�finitivement le projet. �Entrer en mati�re veut dire que l'on reconna�t qu'il y a un probl�me et qu'il faut en discuter. Cela n'�quivaut pas � un accord sur le contenu du texte�, a plaid� en vain Pascal Couchepin. Le conseiller f�d�ral a implor� le pl�num de suivre la Chambre des Cantons en acceptant de se saisir du sujet, quitte � le renvoyer au gouvernement pour am�lioration. En
vain.
Vain plaidoyer
Emmen�e par l'Union d�mocratique du centre (UDC, droite dure), le Parti d�mocrate-chr�tien (PDC) le Parti �vang�lique, le Parti lib�ral et une partie du Parti radical (PRD, droite), la majorit� a estim� que la nouvelle loi n'allait tout simplement pas dans la bonne direction en proposant de d�p�naliser la consommation de
cannabis.
�Si nous entrons en mati�re, nous ne pourrons plus corriger le tir au moment de l'examen des d�tails�, a averti Th�r�se Meyer
(PDC).
Et de rappeler les effets n�gatifs du cannabis sur la sant�. �Fumer un joint diminue la concentration des jeunes � l'�cole et les performances au travail�, a soulign� la d�mocrate-chr�tienne. �Il ne faut surtout pas banaliser ce produit en le d�p�nalisant.�
Prot�ger la jeunesse
La protection de la jeunesse exige des interdits clairs, a affirm� au nom de la commission le lib�ral Claude Ruey.
Le projet fait la part trop belle � la d�p�nalisation et ne pr�ne pas assez l'abstinence, selon lui. En outre, une telle lib�ralisation serait en d�saccord avec les accords internationaux en mati�re de lutte contre la
drogue.
�Cet �chec donne un signal clair et n�cessaire au monde judiciaire et politique�. Selon lui, la non-entr�e en mati�re ne cr�e pas de vide juridique, contrairement � une id�e r�pandue.
Le projet ne tient pas compte non plus de la hausse du taux de THC - la substance active - dans le cannabis. �Peut-on encore dire que le produit est inoffensif alors que sa teneur en THC a explos� et sans que des �tudes aient �t� men�es sur les cons�quences de cette augmentation, a demand� Reto Wehrli
(PDC).
La gauche d�sappoint�e
Lundi soir, le Parti socialiste (PS) ne cachait pas sa d�ception, soulignant, ironie du sort, que le Conseil national n'avait pas h�sit�, quelques heures auparavant, � lever l'interdiction de l'absinthe.
Le communiqu� socialiste condamne �ce refus de la r�alit� qui risque de remettre en cause une politique de sant� publique pragmatique et efficace�. Il ajoute en outre qu'il se battra pour �viter tout d�mant�lement de la politique dite des quatre piliers. Pour sa part, le Parti d�mocrate chr�tien attribue la non-entr�e en mati�re � l'attitude intransigeante des partisans de la l�galisation. Comme il l�a d�j� annonc� depuis longtemps, il va d�sormais d�poser son initiative parlementaire, a indiqu� son secr�taire g�n�ral Reto
Nause.
Celle-ci propose de relancer la r�vision de la loi sur le principe des quatre piliers tout en punissant la consommation de cannabis par de simples amendes. �Nous sommes convaincus qu'il faut des r�formes, mais qu'il faut aussi mieux tenir compte de la protection de la jeunesse�, a-t-il pr�cis�.
La plupart des points contenus dans le projet du gouvernement (Conseil f�d�ral) devraient donc revenir sur le tapis rapidement. De leur c�t�, les Verts, favorables au projet, ont �galement promis de demander l'ancrage dans la loi de la politique des quatre piliers en mati�re de drogue. Un comit� de jeunes pr�pare quant � lui une initiative populaire en faveur de la d�p�nalisation du
cannabis.
Comme les professionnels
Les r�actions ne se sont pas fait attendre. Thomas Zeltner, directeur de l'Office f�d�ral de la sant� publique (OFSP), a regrett� la d�cision. �On peut craindre que certains cantons ne soient d�sormais tent�s, � l'instar de B�le-Campagne, de concocter leurs propres lois, ce qui cr�era des in�galit�s dans le pays.�
�Nous pouvons continuer � vivre avec la loi actuelle, mais celle- ci pose des probl�mes, en particulier en ce qui concerne le cannabis�, a-t-il relev�. Ainsi, la culture et la vente du chanvre sont seulement punissables si le produit est vendu ou achet� � des fins de stup�fiants. Ce qui est naturellement tr�s difficile �
prouver.
LCH contre la
consommation de cannabis
Communiqu� de presse du LCH du 21 janvier 2003
Prise de position sur le cannabis
La consommation de cannabis dans les �coles inqui�te le Dachverband
Schweizer Lehrerinnen und Lehrer (LCH). Les plaintes des enseignants
� propos des �l�ves qui assistent aux cours sous l�emprise de la
drogue s�accumulent. Le corps enseignant n�est pas dispos� �
accepter cette situation dans le cadre de la lib�ralisation.
Pour le LCH, ce ne sont pas les aspects p�naux ou sociaux du probl�me
qui pr�dominent mais uniquement la question de savoir comment faire la
classe quotidiennement � des �l�ves qui se droguent r�guli�rement.
Elle exige des autorit�s scolaires qu�elles prennent nettement position
et qu�elles donnent des directives sur les mesures disciplinaires �
prendre � l�encontre de celles et ceux qui fument r�guli�rement du
cannabis.
Certes, m�me les sp�cialistes en mati�re de drogues divergent quant
� savoir si l�on peut r�duire la consommation par la prohibition. Les
connaissances r�centes sur l�augmentation de la concentration en
substance toxique des cultures modernes de chanvre et l�augmentation de
la consommation que l�on peut attendre d�une lib�ralisation font
r�fl�chir �galement les enseignants aux opinions lib�rales. Pour la
direction du LCH, il y a actuellement, du point de vue scolaire, plus d�arguments
en faveur du maintien de l�interdiction g�n�rale de la consommation et
du commerce qu�en faveur de son abandon. La lib�ralisation affaiblirait
les moyens que poss�de l��cole d�intervenir de mani�re pr�ventive
et disciplinaire.
Le travail scolaire devient tr�s probl�matique lorsque les �l�ves
vont en classe sous l�emprise de la drogue. La consommation de cannabis
a une influence plus directe et plus contagieuse sur la vie scolaire que l�alcoolisme.
Il est regrettable qu�un nombre toujours plus grand d��l�ves aillent
� l��cole dans un �tat physique qui les emp�che de se concentrer. En
plus de la drogue, une alimentation insuffisante (chez beaucoup d��l�ves,
carence en glucides, d�s le matin, due � l�absence de petit d�jeuner)
et le manque de sommeil d� � un temps excessif pass� devant la
t�l�vision et l�ordinateur et � la participation � des f�tes
donnent de plus en plus de fil � retordre aux enseignants. Et cela bien
que la plupart des lois et r�glements scolaires stipulent que les
�l�ves doivent aller en classe dans une condition physique et psychique
qui leur permette de se concentrer sur leur travail.
Il faudra que les �coles et leurs partenaires trouvent des solutions
afin d��viter que les �l�ves qui ont des principes de vie saine ne
soient consid�rablement handicap�s dans leur travail scolaire par leurs
camarades de classe qui ont fum� du cannabis et qui tombent de fatigue.
Le corps enseignant ne peut pas r�soudre seul ce probl�me: il faut que
les parents, les autorit�s scolaires et - en cas d�infractions
r�p�t�es - les autorit�s judiciaires prennent mieux leurs
responsabilit�s.
La mission de pr�vention de l��cole n�est pas remise en cause et
elle est d�j� assum�e presque partout avec s�rieux. Mais dans ce
domaine, l��cole ne peut gu�re faire plus que de l�information. Elle
n�est ni un centre de th�rapie ni une cellule de d�grisement ni un
endroit o� l�on peut dormir tout son so�l et reprendre des forces! Il
faudra multiplier les mesures destin�es � prot�ger les �l�ves qui
travaillent normalement. Afin de ne pas devoir les mettre � l��cart -
ce qui constituerait une mesure p�dagogiquement discutable - l��cole a
besoin de nettement plus de personnel.
Qu�te
du bonheur
MONTREAL
Quand on demande aux amateurs d�ecstasy pourquoi ils
consomment cette drogue, la r�ponse est toujours la m�me: ��a donne
une sensation agr�able.� Gr�ce � un test auquel on a soumis quinze
consommateurs r�guliers d�ecstasy, on a cherch� � voir s�il en
�tait vraiment ainsi.
Plusieurs heures apr�s la prise, l�humeur tardait �
s�am�liorer. M�me au cours d�une �rave party�, non seulement elle
ne s�am�liorait pas mais elle se d�t�riorait, pour aboutir � son
niveau le plus bas 2 jours apr�s. Au bout de 7 jours, le niveau initial
�tait retrouv�. C�est ce que le Pr Andy Parrot, de l�University
of East I London a rapport� lors du 23e congr�s annuel
du
Collegium Internationale Neuro-psycho-pharmacologicum.
En outre, un sentiment de tristesse paraissait, qui
suivait la m�me �volution que l�humeur. Peut-�tre est-ce la raison
pour laquelle les consommateurs d�ecstasy absorbent parall�lement d�autres
substances, comme l�alcool. Toutefois, une autre �tude consacr�e � l�association
alcool-cannabis-nicotine n�a pas permis de constater la sensation de
bien-�tre recherch�e: aucun des sujets ne se sentait mieux apr�s la
prise de ce cocktail. Le Pr Parrot se demande comment on a pu appeler l�ecstasy
�pilule du bonheur�. Ce qui rend la chose encore plus incompr�hensible
est le fait que jusqu�� 15 % des consommateurs d�ecstasy perdent
leurs int�r�ts sexuels. Est-ce l� le bonheur promis?
Medical Tribune, novembre 2002
d�but du texte
Il devient urgent
de r�duire l'offre et la demande de stup�fiants
Analyser des
pilules d'ecstasy et les restituer au " consommateur " - le plus
souvent au dealer - tombe directement sous le coup de la LStup
Jean-Philippe
Chenaux, Centre Patronal, Paudex
Les effets pervers de
la politique f�d�rale de lib�ralisation de la drogue pratiqu�e depuis
le d�but des ann�es 90 ne peuvent plus �tre ni�s. Comme le confirme le
Rapport sur la s�curit� int�rieure de la Suisse 2001 publi� d�but
juillet par l'Office f�d�ral de la police (OFP), la consommation de
drogue est en hausse dans tout le pays - la tendance observ�e en 2000
s'�tant confirm�e l'ann�e derni�re - et des " sc�nes
semi-ouvertes " de la drogue apparaissent (ou r�apparaissent) dans
plusieurs grandes villes. Ph�nom�ne nouveau, les cantons frontaliers ont
constat� une augmentation importante du nombre de consommateurs de drogue
qui viennent des zones frontali�res voisines pour s'approvisionner, ce
qui t�moigne de l'attractivit� de la Suisse en tant que march� de la
drogue au c�ur de l'Europe.
La demande en h�ro�ne
et en coca�ne repr�sente l'�quivalent de 11 tonnes pour chacune de ces
deux drogues et un chiffre d'affaires estim� � un milliard de francs.
S'agissant du cannabis, les plantations repr�senteraient 300 hectares et
un chiffre d'affaires d'au moins un milliard. L'OFP estime par ailleurs
que le march� des drogues de synth�se rapporte lui aussi pr�s d'un
milliard, soit un chiffre d'affaires annuel, pour le march� ill�gal des
stup�fiants, d'au moins trois milliards de francs. La fascination exerc�e
par cette masse de capitaux en qu�te de placements ne devrait pas �tre
absente du d�bat concernant la r�vision de la loi sur les stup�fiants
qui se d�roulera d�s l'automne aux Chambres.
Le Rapport sur la s�curit�
int�rieure confirme la tendance � la polytoxicomanie d�j� observ�e
depuis quelque temps et une propension � la violence accrue : " Les
adeptes des rave-parties consomment souvent au cours de la m�me nuit une
palette de drogues allant de l'ecstasy � la coca�ne en passant par les
amph�tamines; dans ce milieu, les petits trafiquants proposent souvent du
cannabis et de la coca�ne en plus des drogues de synth�se. " Pour
l'OFP, " le m�lange de plusieurs drogues est inqui�tant et les
consommateurs n'ont souvent pas conscience des risques de sant� encourus
".
C'est le moment que
choisit le Coordinateur des questions de d�pendances au D�partement
vaudois de la sant�, M. Eric Joye, pour se d�clarer convaincu de
l'utilit� des tests sur l'ecstasy " pour d�pister les produits
dangereux ". Dans une d�claration recueillie par Le Matin (17.7), il
ajoute que " le march� de ces pilules est de plus en plus en main de
r�seaux criminels qui m�langent toutes sortes de produits � l'ecstasy
pour engendrer des ph�nom�nes de d�pendances ". En r�percutant
ses propos, le quotidien romand annonce le d�p�t prochain d'une
interpellation au Grand Conseil vaudois pour que des laboratoires mobiles
soient autoris�s dans les rave-parties sans que leurs " clients
" ne se fassent arr�ter sur-le-champ.
S'agissant de l'ecstasy,
�tablir une distinction, comme le fait le Coordinateur vaudois, entre des
" produits dangereux " et des produits qui ne le seraient pas
est parfaitement abusif puisque, comme le montre une abondante litt�rature
scientifique, cette drogue de synth�se est toujours un produit dangereux.
Il est prouv� qu'elle est neurotoxique, provoquant des l�sions graves
des cellules du cerveau. Il est aussi prouv� qu'elle peut engendrer des
effets secondaires d�vastateurs. " L'ecstasy peut tuer et tue
effectivement, de fa�on impr�visible, et il n'existe pas de dose sans
danger ", relevait le ministre de l'Int�rieur britannique, M.
Blunkett, en refusant de d�classer l'ecstasy (Le Matin, 23.5). Les causes
de mort sont des troubles subits du rythme cardiaque ou l'arr�t cardiaque,
une augmentation massive de la temp�rature corporelle par suite du
blocage de sa r�gulation dans le cerveau, la coagulation spontan�e du
sang, des inflammations toxiques du foie, la d�faillance r�nale et la
destruction de la musculature entra�nant une intoxication interne. Un
seul comprim� d'ecstasy peut avoir un de ces effets mortels.
Analyser des pilules
d'ecstasy et les restituer au " consommateur " - le plus souvent
au dealer - tombe directement sous le coup de la loi sur les stup�fiants.
Celle-ci interdit en effet toute d�tention, entreposage, traitement,
prescription ou remise, sans autorisation sp�ciale. Le trafic d'ecstasy,
ce n'est pas un ph�nom�ne nouveau, a toujours �t� le fait de r�seaux
criminels et sans scrupules, et l'adjonction � cette drogue de produits
" engendrant des ph�nom�nes de d�pendances " n'est qu'un des
aspects du probl�me. Le plus important, c'est que pr�vention et r�pression
se combinent plus efficacement afin de mieux tenir les jeunes � l'�cart
de cette dangereuse saloperie et de toutes celles qui lui sont apparent�es,
le lobby de la drogue d�t-il en souffrir dans ses int�r�ts vitaux.
Usage du cannabis comme m�dicament
Il est assez souvent propos� de
recourir, � des fins th�rapeutiques, soit au cannabis lui-m�me soit � son principe actif majeur, le delta-9-t�trahydrocannabinol (THC) ou � des d�riv�s actifs du THC. Que faut-il en penser ?Plusieurs �tudes relatives � l�int�r�t
clinique des cannabino�des ont �t� men�es. On esp�rait obtenir un
effet positif dans le traitement de la scl�rose en plaques, de la
spasticit� (hypertonie musculaire), des naus�es induites par la
chimioth�rapie anti-canc�reuse, du glaucome et du manque d�app�tit
des malades du sida.
De nombreux patients se sont plaints d�effets
psychiques ind�sirables, aussi bien pour les cigarettes que pour les
comprim�s. La somnolence est particuli�rement dangereuse chez les sujets
atteints de scl�rose en plaques qui souffrent d�j� sou-vent de
difficult�s de la marche. Cette torpeur vient aggraver l��tat des
personnes d�j� affaiblies physiquement.
Lors de l�administration sous forme de
cigarettes, il a �t� particuli�rement difficile de contr�ler
exactement les doses. En outre, les participants aux recherches
absorb�-rent des quantit�s de substances canc�rog�nes - comme les
benzo[a]pyr�nes - plus importantes (jusqu�� 50 %) que les fumeurs de
tabac. Les quantit�s de carboxyh�-moglobine et de goudrons �taient 3 �
5 fois plus �lev�es.
Marinol et Dronabinol
Certains de ces probl�mes ont pu �tre
�vit�s gr�ce � une administration orale (Mari-nol, Dronabinol). De
faibles doses de THC par voie orale ont suffi pour stimuler l�app�tit
ou combattre les naus�es sans entra�ner d�effets secondaires d�ordre
psy-chique.
Analogues synth�tiques du THC
On a d�couvert r�cemment quelques
analogues synth�tiques du THC. La nabilone et le l�vonantradol ont un
m�canisme d�action semblable. Ils ont permis de montrer que les
cannabino�des et leurs analogues sont beaucoup moins efficaces dans le
traitement des vomissements induits par la chimioth�rapie du cancer ainsi
que dans celui du glaucome et de la douleur que les m�dicaments
sp�cifiques classiques, les-quels ont d�ailleurs beaucoup moins d�effets
ind�sirables.
Probl�mes pos�s par les diff�rents
modes d�administration
Pour les raisons cit�es plus haut, il n�est
pas question de recourir aux cigarettes. Les comprim�s, quant � eux,
entra�nent des concentrations plasmatiques si variables qu�il n�est
gu�re possible d��tablir une relation dose-effet.
Les suppositoires ont permis d�obtenir
des concentrations plasmatiques satisfaisan-tes. On est actuellement en
train de tester des a�rosols, forme qui semble promet-teuse. On
exp�rimente �galement les timbres (patches) cutan�s.
N�cessit� de poursuivre les recherches
Une meilleure connaissance pharmacologique
et biologique des r�cepteurs aux can-nabino�des endog�nes CB1 et CB2
aidera peut-�tre � trouver des analogues tr�s puissants qui ne
pr�sentent pas les effets ind�sirables - psychiques et physiques - que
nous avons mentionn�s. De plus, le recours � des agonistes s�lectifs
des r�cep-teurs CB1 pourrait permettre d��viter l�immunosuppression.
Les agonistes CB2 purs ont moins d�effets s�datifs et psychoactifs.
Dans un proche avenir, les cannabino�des
ne s�imposeront gu�re comme m�dica-ments. Les effets souhait�s sont
moyens, voire d�cevants et les effets ind�sirables assez g�nants.
Qui veut faire du cannabis un m�dicament ?
Probablement ceux qui souhaitent l�ga-liser la marijuana. Pourquoi
laisser �chapper un march� susceptible de rapporter des millions ? L�utilisation
du cannabis � des fins th�rapeutiques constitue un argument-massue qui
met un terme au d�bat sur la nocivit� de ce stup�fiant : il ne saurait
�tre dangereux puisqu�on peut l�utiliser comme m�dicament !
Mais prenons l�exemple de la digitale. On
tire de cette plante un m�dicament impor-tant pour le c�ur. Il ne
viendrait pourtant � l�esprit de personne d�en recommander la
consommation sous forme d�infusion ou d��pice.
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