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 NEWS


Le centre d'injection de Genève


L'Union européenne interdit la méphédrone

03.12.2010


 

Le Matin Dimanche
07.11.2010

Une nouvelle drogue mene la police par le bout du nez
MEPHEDRONE


 

DECLARATION SUR LES POLITIQUES DE PRETENDUE "REDUCTION DES DOMMAGES"

En tant que regroupement représentatif d'organisations travaillant dans le monde entier dans le domaine de la prévention, du traitement et dans celui des politiques en matière de drogue, la Task Force Internationale sur la politique stratégique relative aux drogues s'est réunie à Bruxelles, en Belgique, les 27 et 28 février pour discuter de stratégies politiques efficaces en matière de drogue et rédiger la présente déclaration sur la prétendue "réduction des dommages" (voir les noms de signataires à la page suivante)

Nous soutenons la position des Nations Unies en vertu de laquelle l'objectif des strat�gies et des politiques en mati�re de drogues � l'�chelle nationale et globale doit etre la pr�vention ou l'arr�t de l'utilisation des drogues. Nous sommes d'accord avec les Nations Unies quant au fait que la r�duction de la demande de drogues constitue un pilier fondamental de toute politique saine en mati�re de drogues. Nous soutenons l'abstinence envers les drogues comme �tant un objectif raisonnable et r�alisable pour la politique publique en mati�re de sant�. Nous soutenons une politique de non utilisation des drogues ill�gales ou de drogues l�gales destructrices.

Les politiques rationnelles sur la drogue reconnaissant que le recours temporaire � des mesures visant � r�duire les dommages avec l'objectif final d'une abstinence sont fondamentalement diff�rentes de celles portant sur la pr�tendue � r�duction des dommages � qui acceptent l'in�vitabilit� de l'utilisation de la drogue.

L'expression � r�duction des dommages et sa signification �vidente ont �t� prises en otage et cyniquement employ�es par ceux dont l'objectif est la l�galisation des drogues et qui font appel au d�sir �vident et universel de r�duire les dommages pour promouvoir une telle l�galisation. Les d�fenseurs de la l�galisation utilisent cette expression pour s'assurer de la sympathie des personnes bien intentionn�es et des repr�sentants gouvernementaux.

Nous nous opposons � ces strat�gies de pr�tendue � r�duction des dommages � en tant que buts ultimes qui promeuvent la notion erron�e de ce qu'il existe des mani�res s�res et responsables de prendre de la drogue. A savoir, des strat�gies dans le cadre desquelles l�objectif premier est de permettre aux consommateurs de drogues de maintenir leur comportement addictif, destructeur et compulsif en les trompant sur certains des risques li�s � la drogue tout en en ignorant d�autres. Ces strat�gies transmettent le message d�une soci�t� ayant abandonn� le toxicomane, tol�rant le fait qu�il prenne de la drogue et le condamnant � une vie de d�pendance. La pr�tendue � r�duction des dommages � en tant que strat�gie en mati�re de drogues sape les efforts et les messages de pr�vention en tirant avantage de l�addiction et de maladies mortelles comme le VIH pour faire progresser l�agenda politique des lobbyistes de la l�galisation des drogues et des avocats milliardaires.

Nous soutenons la position du Conseil International de Contr�le des Stup�fiants (INCB : International Narcotics Control Board) sur la pr�tendue � r�duction des dommages � qui n�est pas favorable aux programmes d��change de seringues isol�s et aux salles d�injection soi-disant � s�res � car de telles politiques encouragent l�utilisation des drogues et constituent une violation des conventions des Nations Unies. L�article 4 de la Convention de 1961

�oblige les Etats signataires � assurer que la production, la fabrication, l� importation, la distribution, le commerce, l�utilisation et la possession de drogues soient limit�s exclusivement � des fins m�dicales et scientifiques. Du point de vue l�gal, de telles infrastructures sont donc une violation des conventions internationales sur le contr�le de la drogue.

Nous nous opposons � l�usurpation des accords et trait�s multinationaux et au remplacement de l�objectif de la pr�vention et de la r�duction de l�utilisation par une strat�gie, quel que soit son nom (entre autres, celle de la pr�tendue � r�duction des dommages �), qui cherche � normaliser diff�rentes formes d�utilisation des drogues.

Nous soutenons des strat�gies globales de pr�vention, de traitement et d�application de la loi pour pr�venir et �liminer l�utilisation des drogues ill�gales et, de ce fait, pour pr�venir et �liminer les dommages ind�niables qu�elles provoquent. Nous soutenons la pr�vention et l��limination des dommages par l��largissement de l�offre de traitements, de services de proximit� (outreach) et de services sociaux � l�attention des consommateurs de drogues, des toxicomanes et de ceux souffrant de maladies infectieuses. Nous soutenons la recherche visant � identifier des techniques de proximit� et de traitement efficaces pour les populations toxicomanes.

Il est insuffisant, illogique et inhumain de proclamer que les d�pendances envers la drogue devraient �tre maintenues au nom de cette pr�tendue � r�duction des dommages �. L�histoire, la science et la raison nous montrent que la pr�vention est possible en mati�re de drogue, que l�addiction peut �tre surmont�e et ses cons�quences r�duites, pour ne pas dire �limin�es.


Le cannabis restera ill�gal en Suisse

Fumer un joint constituera toujours un d�lit en Suisse. Le gouvernement n�a pas r�ussi � convaincre le Parlement.

La Chambre du peuple a refus� pour la seconde fois d'entrer en mati�re sur le projet de r�vision de la loi sur les stup�fiants, par 102 voix contre 92. Au terme d'un d�bat �motionnel et houleux, le Conseil national (Chambre basse) a maintenu lundi, par 102 voix contre 92, son refus d'entrer en mati�re sur la r�vision de la loi f�d�rale sur les stup�fiants.

Refusant d�entendre le plaidoyer du ministre de l�Economie Pascal Couchepin, ainsi que l�avis favorables de leurs coll�gues s�nateurs, les d�put�s ont enterr� d�finitivement le projet. �Entrer en mati�re veut dire que l'on reconna�t qu'il y a un probl�me et qu'il faut en discuter. Cela n'�quivaut pas � un accord sur le contenu du texte�, a plaid� en vain Pascal Couchepin. Le conseiller f�d�ral a implor� le pl�num de suivre la Chambre des Cantons en acceptant de se saisir du sujet, quitte � le renvoyer au gouvernement pour am�lioration. En vain.

Vain plaidoyer

Emmen�e par l'Union d�mocratique du centre (UDC, droite dure), le Parti d�mocrate-chr�tien (PDC) le Parti �vang�lique, le Parti lib�ral et une partie du Parti radical (PRD, droite), la majorit� a estim� que la nouvelle loi n'allait tout simplement pas dans la bonne direction en proposant de d�p�naliser la consommation de cannabis.

�Si nous entrons en mati�re, nous ne pourrons plus corriger le tir au moment de l'examen des d�tails�, a averti Th�r�se Meyer (PDC).

Et de rappeler les effets n�gatifs du cannabis sur la sant�. �Fumer un joint diminue la concentration des jeunes � l'�cole et les performances au travail�, a soulign� la d�mocrate-chr�tienne. �Il ne faut surtout pas banaliser ce produit en le d�p�nalisant.�

Prot�ger la jeunesse

La protection de la jeunesse exige des interdits clairs, a affirm� au nom de la commission le lib�ral Claude Ruey. 

Le projet fait la part trop belle � la d�p�nalisation et ne pr�ne pas assez l'abstinence, selon lui. En outre, une telle lib�ralisation serait en d�saccord avec les accords internationaux en mati�re de lutte contre la drogue.

�Cet �chec donne un signal clair et n�cessaire au monde judiciaire et politique�. Selon lui, la non-entr�e en mati�re ne cr�e pas de vide juridique, contrairement � une id�e r�pandue.

Le projet ne tient pas compte non plus de la hausse du taux de THC - la substance active - dans le cannabis. �Peut-on encore dire que le produit est inoffensif alors que sa teneur en THC a explos� et sans que des �tudes aient �t� men�es sur les cons�quences de cette augmentation, a demand� Reto Wehrli (PDC).

La gauche d�sappoint�e

Lundi soir, le Parti socialiste (PS) ne cachait pas sa d�ception, soulignant, ironie du sort, que le Conseil national n'avait pas h�sit�, quelques heures auparavant, � lever l'interdiction de l'absinthe.
Le communiqu� socialiste condamne �ce refus de la r�alit� qui risque de remettre en cause une politique de sant� publique pragmatique et efficace�. Il ajoute en outre qu'il se battra pour �viter tout d�mant�lement de la politique dite des quatre piliers. Pour sa part, le Parti d�mocrate chr�tien attribue la non-entr�e en mati�re � l'attitude intransigeante des partisans de la l�galisation. Comme il l�a d�j� annonc� depuis longtemps, il va d�sormais d�poser son initiative parlementaire, a indiqu� son secr�taire g�n�ral Reto Nause.

Celle-ci propose de relancer la r�vision de la loi sur le principe des quatre piliers tout en punissant la consommation de cannabis par de simples amendes. �Nous sommes convaincus qu'il faut des r�formes, mais qu'il faut aussi mieux tenir compte de la protection de la jeunesse�, a-t-il pr�cis�.

La plupart des points contenus dans le projet du gouvernement (Conseil f�d�ral) devraient donc revenir sur le tapis rapidement. De leur c�t�, les Verts, favorables au projet, ont �galement promis de demander l'ancrage dans la loi de la politique des quatre piliers en mati�re de drogue. Un comit� de jeunes pr�pare quant � lui une initiative populaire en faveur de la d�p�nalisation du cannabis.

Comme les professionnels

Les r�actions ne se sont pas fait attendre. Thomas Zeltner, directeur de l'Office f�d�ral de la sant� publique (OFSP), a regrett� la d�cision. �On peut craindre que certains cantons ne soient d�sormais tent�s, � l'instar de B�le-Campagne, de concocter leurs propres lois, ce qui cr�era des in�galit�s dans le pays.�

�Nous pouvons continuer � vivre avec la loi actuelle, mais celle- ci pose des probl�mes, en particulier en ce qui concerne le cannabis�, a-t-il relev�. Ainsi, la culture et la vente du chanvre sont seulement punissables si le produit est vendu ou achet� � des fins de stup�fiants. Ce qui est naturellement tr�s difficile � prouver. 


LCH contre la consommation de cannabis

Communiqu� de presse du LCH du 21 janvier 2003

Prise de position sur le cannabis

La consommation de cannabis dans les �coles inqui�te le Dachverband Schweizer Lehrerinnen und Lehrer (LCH). Les plaintes des enseignants � propos des �l�ves qui assistent aux cours sous l�emprise de la drogue s�accumulent. Le corps enseignant n�est pas dispos� � accepter cette situation dans le cadre de la lib�ralisation.

Pour le LCH, ce ne sont pas les aspects p�naux ou sociaux du probl�me qui pr�dominent mais uniquement la question de savoir comment faire la classe quotidiennement � des �l�ves qui se droguent r�guli�rement. Elle exige des autorit�s scolaires qu�elles prennent nettement position et qu�elles donnent des directives sur les mesures disciplinaires � prendre � l�encontre de celles et ceux qui fument r�guli�rement du cannabis.

Certes, m�me les sp�cialistes en mati�re de drogues divergent quant � savoir si l�on peut r�duire la consommation par la prohibition. Les connaissances r�centes sur l�augmentation de la concentration en substance toxique des cultures modernes de chanvre et l�augmentation de la consommation que l�on peut attendre d�une lib�ralisation font r�fl�chir �galement les enseignants aux opinions lib�rales. Pour la direction du LCH, il y a actuellement, du point de vue scolaire, plus d�arguments en faveur du maintien de l�interdiction g�n�rale de la consommation et du commerce qu�en faveur de son abandon. La lib�ralisation affaiblirait les moyens que poss�de l��cole d�intervenir de mani�re pr�ventive et disciplinaire.

Le travail scolaire devient tr�s probl�matique lorsque les �l�ves vont en classe sous l�emprise de la drogue. La consommation de cannabis a une influence plus directe et plus contagieuse sur la vie scolaire que l�alcoolisme. Il est regrettable qu�un nombre toujours plus grand d��l�ves aillent � l��cole dans un �tat physique qui les emp�che de se concentrer. En plus de la drogue, une alimentation insuffisante (chez beaucoup d��l�ves, carence en glucides, d�s le matin, due � l�absence de petit d�jeuner) et le manque de sommeil d� � un temps excessif pass� devant la t�l�vision et l�ordinateur et � la participation � des f�tes donnent de plus en plus de fil � retordre aux enseignants. Et cela bien que la plupart des lois et r�glements scolaires stipulent que les �l�ves doivent aller en classe dans une condition physique et psychique qui leur permette de se concentrer sur leur travail.

Il faudra que les �coles et leurs partenaires trouvent des solutions afin d��viter que les �l�ves qui ont des principes de vie saine ne soient consid�rablement handicap�s dans leur travail scolaire par leurs camarades de classe qui ont fum� du cannabis et qui tombent de fatigue. Le corps enseignant ne peut pas r�soudre seul ce probl�me: il faut que les parents, les autorit�s scolaires et - en cas d�infractions r�p�t�es - les autorit�s judiciaires prennent mieux leurs responsabilit�s.

La mission de pr�vention de l��cole n�est pas remise en cause et elle est d�j� assum�e presque partout avec s�rieux. Mais dans ce domaine, l��cole ne peut gu�re faire plus que de l�information. Elle n�est ni un centre de th�rapie ni une cellule de d�grisement ni un endroit o� l�on peut dormir tout son so�l et reprendre des forces! Il faudra multiplier les mesures destin�es � prot�ger les �l�ves qui travaillent normalement. Afin de ne pas devoir les mettre � l��cart - ce qui constituerait une mesure p�dagogiquement discutable - l��cole a besoin de nettement plus de personnel.


Qu�te du bonheur

MONTREAL

Quand on demande aux amateurs d�ecstasy pourquoi ils consomment cette drogue, la r�ponse est toujours la m�me: ��a donne une sensation agr�able.� Gr�ce � un test auquel on a soumis quinze consommateurs r�guliers d�ecstasy, on a cherch� � voir s�il en �tait vraiment ainsi.

Plusieurs heures apr�s la prise, l�humeur tardait � s�am�liorer. M�me au cours d�une �rave party�, non seulement elle ne s�am�liorait pas mais elle se d�t�riorait, pour aboutir � son niveau le plus bas 2 jours apr�s. Au bout de 7 jours, le niveau initial �tait retrouv�. C�est ce que le Pr Andy Parrot, de l�University of East I London a rapport� lors du 23e congr�s annuel du Collegium Internationale Neuro-psycho-pharmacologicum.

En outre, un sentiment de tristesse paraissait, qui suivait la m�me �volution que l�humeur. Peut-�tre est-ce la raison pour laquelle les consommateurs d�ecstasy absorbent parall�lement d�autres substances, comme l�alcool. Toutefois, une autre �tude consacr�e � l�association alcool-cannabis-nicotine n�a pas permis de constater la sensation de bien-�tre recherch�e: aucun des sujets ne se sentait mieux apr�s la prise de ce cocktail. Le Pr Parrot se demande comment on a pu appeler l�ecstasy �pilule du bonheur�. Ce qui rend la chose encore plus incompr�hensible est le fait que jusqu�� 15 % des consommateurs d�ecstasy perdent leurs int�r�ts sexuels. Est-ce l� le bonheur promis?

Medical  Tribune, novembre 2002


d�but du texte


Il devient urgent de r�duire l'offre et la demande de stup�fiants

Analyser des pilules d'ecstasy et les restituer au " consommateur " - le plus souvent au dealer - tombe directement sous le coup de la LStup

Jean-Philippe Chenaux, Centre Patronal, Paudex

Les effets pervers de la politique f�d�rale de lib�ralisation de la drogue pratiqu�e depuis le d�but des ann�es 90 ne peuvent plus �tre ni�s. Comme le confirme le Rapport sur la s�curit� int�rieure de la Suisse 2001 publi� d�but juillet par l'Office f�d�ral de la police (OFP), la consommation de drogue est en hausse dans tout le pays - la tendance observ�e en 2000 s'�tant confirm�e l'ann�e derni�re - et des " sc�nes semi-ouvertes " de la drogue apparaissent (ou r�apparaissent) dans plusieurs grandes villes. Ph�nom�ne nouveau, les cantons frontaliers ont constat� une augmentation importante du nombre de consommateurs de drogue qui viennent des zones frontali�res voisines pour s'approvisionner, ce qui t�moigne de l'attractivit� de la Suisse en tant que march� de la drogue au c�ur de l'Europe. 

La demande en h�ro�ne et en coca�ne repr�sente l'�quivalent de 11 tonnes pour chacune de ces deux drogues et un chiffre d'affaires estim� � un milliard de francs. S'agissant du cannabis, les plantations repr�senteraient 300 hectares et un chiffre d'affaires d'au moins un milliard. L'OFP estime par ailleurs que le march� des drogues de synth�se rapporte lui aussi pr�s d'un milliard, soit un chiffre d'affaires annuel, pour le march� ill�gal des stup�fiants, d'au moins trois milliards de francs. La fascination exerc�e par cette masse de capitaux en qu�te de placements ne devrait pas �tre absente du d�bat concernant la r�vision de la loi sur les stup�fiants qui se d�roulera d�s l'automne aux Chambres.

Le Rapport sur la s�curit� int�rieure confirme la tendance � la polytoxicomanie d�j� observ�e depuis quelque temps et une propension � la violence accrue : " Les adeptes des rave-parties consomment souvent au cours de la m�me nuit une palette de drogues allant de l'ecstasy � la coca�ne en passant par les amph�tamines; dans ce milieu, les petits trafiquants proposent souvent du cannabis et de la coca�ne en plus des drogues de synth�se. " Pour l'OFP, " le m�lange de plusieurs drogues est inqui�tant et les consommateurs n'ont souvent pas conscience des risques de sant� encourus ".

C'est le moment que choisit le Coordinateur des questions de d�pendances au D�partement vaudois de la sant�, M. Eric Joye, pour se d�clarer convaincu de l'utilit� des tests sur l'ecstasy " pour d�pister les produits dangereux ". Dans une d�claration recueillie par Le Matin (17.7), il ajoute que " le march� de ces pilules est de plus en plus en main de r�seaux criminels qui m�langent toutes sortes de produits � l'ecstasy pour engendrer des ph�nom�nes de d�pendances ". En r�percutant ses propos, le quotidien romand annonce le d�p�t prochain d'une interpellation au Grand Conseil vaudois pour que des laboratoires mobiles soient autoris�s dans les rave-parties sans que leurs " clients " ne se fassent arr�ter sur-le-champ.

S'agissant de l'ecstasy, �tablir une distinction, comme le fait le Coordinateur vaudois, entre des " produits dangereux " et des produits qui ne le seraient pas est parfaitement abusif puisque, comme le montre une abondante litt�rature scientifique, cette drogue de synth�se est toujours un produit dangereux. Il est prouv� qu'elle est neurotoxique, provoquant des l�sions graves des cellules du cerveau. Il est aussi prouv� qu'elle peut engendrer des effets secondaires d�vastateurs. " L'ecstasy peut tuer et tue effectivement, de fa�on impr�visible, et il n'existe pas de dose sans danger ", relevait le ministre de l'Int�rieur britannique, M. Blunkett, en refusant de d�classer l'ecstasy (Le Matin, 23.5). Les causes de mort sont des troubles subits du rythme cardiaque ou l'arr�t cardiaque, une augmentation massive de la temp�rature corporelle par suite du blocage de sa r�gulation dans le cerveau, la coagulation spontan�e du sang, des inflammations toxiques du foie, la d�faillance r�nale et la destruction de la musculature entra�nant une intoxication interne. Un seul comprim� d'ecstasy peut avoir un de ces effets mortels.

Analyser des pilules d'ecstasy et les restituer au " consommateur " - le plus souvent au dealer - tombe directement sous le coup de la loi sur les stup�fiants. Celle-ci interdit en effet toute d�tention, entreposage, traitement, prescription ou remise, sans autorisation sp�ciale. Le trafic d'ecstasy, ce n'est pas un ph�nom�ne nouveau, a toujours �t� le fait de r�seaux criminels et sans scrupules, et l'adjonction � cette drogue de produits " engendrant des ph�nom�nes de d�pendances " n'est qu'un des aspects du probl�me. Le plus important, c'est que pr�vention et r�pression se combinent plus efficacement afin de mieux tenir les jeunes � l'�cart de cette dangereuse saloperie et de toutes celles qui lui sont apparent�es, le lobby de la drogue d�t-il en souffrir dans ses int�r�ts vitaux.


 


Usage du cannabis comme m�dicament

Il est assez souvent propos� de recourir, � des fins th�rapeutiques, soit au cannabis lui-m�me soit � son principe actif majeur, le delta-9-t�trahydrocannabinol (THC) ou � des d�riv�s actifs du THC. Que faut-il en penser ?

Plusieurs �tudes relatives � l�int�r�t clinique des cannabino�des ont �t� men�es. On esp�rait obtenir un effet positif dans le traitement de la scl�rose en plaques, de la spasticit� (hypertonie musculaire), des naus�es induites par la chimioth�rapie anti-canc�reuse, du glaucome et du manque d�app�tit des malades du sida.

De nombreux patients se sont plaints d�effets psychiques ind�sirables, aussi bien pour les cigarettes que pour les comprim�s. La somnolence est particuli�rement dangereuse chez les sujets atteints de scl�rose en plaques qui souffrent d�j� sou-vent de difficult�s de la marche. Cette torpeur vient aggraver l��tat des personnes d�j� affaiblies physiquement.

Lors de l�administration sous forme de cigarettes, il a �t� particuli�rement difficile de contr�ler exactement les doses. En outre, les participants aux recherches absorb�-rent des quantit�s de substances canc�rog�nes - comme les benzo[a]pyr�nes - plus importantes (jusqu�� 50 %) que les fumeurs de tabac. Les quantit�s de carboxyh�-moglobine et de goudrons �taient 3 � 5 fois plus �lev�es.

Marinol et Dronabinol

Certains de ces probl�mes ont pu �tre �vit�s gr�ce � une administration orale (Mari-nol, Dronabinol). De faibles doses de THC par voie orale ont suffi pour stimuler l�app�tit ou combattre les naus�es sans entra�ner d�effets secondaires d�ordre psy-chique.

Analogues synth�tiques du THC

On a d�couvert r�cemment quelques analogues synth�tiques du THC. La nabilone et le l�vonantradol ont un m�canisme d�action semblable. Ils ont permis de montrer que les cannabino�des et leurs analogues sont beaucoup moins efficaces dans le traitement des vomissements induits par la chimioth�rapie du cancer ainsi que dans celui du glaucome et de la douleur que les m�dicaments sp�cifiques classiques, les-quels ont d�ailleurs beaucoup moins d�effets ind�sirables.

Probl�mes pos�s par les diff�rents modes d�administration

Pour les raisons cit�es plus haut, il n�est pas question de recourir aux cigarettes. Les comprim�s, quant � eux, entra�nent des concentrations plasmatiques si variables qu�il n�est gu�re possible d��tablir une relation dose-effet.

Les suppositoires ont permis d�obtenir des concentrations plasmatiques satisfaisan-tes. On est actuellement en train de tester des a�rosols, forme qui semble promet-teuse. On exp�rimente �galement les timbres (patches) cutan�s.

N�cessit� de poursuivre les recherches

Une meilleure connaissance pharmacologique et biologique des r�cepteurs aux can-nabino�des endog�nes CB1 et CB2 aidera peut-�tre � trouver des analogues tr�s puissants qui ne pr�sentent pas les effets ind�sirables - psychiques et physiques - que nous avons mentionn�s. De plus, le recours � des agonistes s�lectifs des r�cep-teurs CB1 pourrait permettre d��viter l�immunosuppression. Les agonistes CB2 purs ont moins d�effets s�datifs et psychoactifs. 

Dans un proche avenir, les cannabino�des ne s�imposeront gu�re comme m�dica-ments. Les effets souhait�s sont moyens, voire d�cevants et les effets ind�sirables assez g�nants.

Qui veut faire du cannabis un m�dicament ? Probablement ceux qui souhaitent l�ga-liser la marijuana. Pourquoi laisser �chapper un march� susceptible de rapporter des millions ? L�utilisation du cannabis � des fins th�rapeutiques constitue un argument-massue qui met un terme au d�bat sur la nocivit� de ce stup�fiant : il ne saurait �tre dangereux puisqu�on peut l�utiliser comme m�dicament !

Mais prenons l�exemple de la digitale. On tire de cette plante un m�dicament impor-tant pour le c�ur. Il ne viendrait pourtant � l�esprit de personne d�en recommander la consommation sous forme d�infusion ou d��pice.



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